Pendant six mois, j’ai suivi le parcours de cinq femmes sans domicile vivant au cœur de Paris. Des femmes qui existent aux yeux de tous, mais que l’on ne voit plus, condamnées à vivre dans l’ombre d’une ville qui s’arrête rarement pour les regarder.
Plutôt que de se concentrer uniquement sur leur précarité, ce projet cherche à leur rendre leur dignité et à célébrer leur individualité. C’est une histoire de résilience, d’identité et de cette capacité silencieuse à imaginer un avenir différent.
Chaque femme est représentée à travers trois images complémentaires. La première est une photographie du lieu où elle dormait, gardant la trace d’un passé marqué par l’incertitude et la survie.
La deuxième est un portrait réalisé dans un studio photographique improvisé que j’ai construit au sein de l’association où nous nous sommes rencontrées. En transformant cet espace d’accueil en studio, j’ai souhaité offrir à chacune le même regard, la même attention et le même respect que ceux accordés à n’importe quel modèle.
La troisième est une lettre manuscrite adressée à son futur elle-même, une archive intime de ses espoirs, de ses peurs et de ses rêves : trouver un emploi, un foyer, la liberté et le bonheur.
Les Femmes Cachées est bien plus qu’un projet documentaire. C’est une collaboration fondée sur la confiance, où la photographie devient un espace de visibilité, d’expression et de réparation.